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domingo, 7 de novembro de 2010

Jaroussky - Caldara in Vienna



O Princípio do Prazer determina que o tempo de espera - que, em linguagem psicanalítica, se designa por tolerância à frustração - seja nulo...

Saber esperar é uma virtude. A paciência é uma aquisição tardia, na espécie humana. Enquanto educadores, paulatinamente, vamos introduzindo a frustração como aquisição fundamental ao crescimento e maturidade das nossas crianças.

Quem - como eu - lida com as patologias adictivas, sabe que a tolerância à frustração (por regra, diminuta) constitui um dos eixos essenciais que definem a dinâmica toxicodependente.

Pois bem... seja... O que importa, verdadeiramente, é que, por vezes, podemos contornar os penosos tempos de espera e fruir mais cedo de uma obra!

Por artes heterodoxas - if you see what I mean... -, veio parar-me ao Imac este novo registo de Jarrousky.

Por quê esperar, com uma paciência infinita -, se posso escutá-lo JÁ?!

sexta-feira, 13 de agosto de 2010

Silly Season ossia N'importe Quoi!!!



Esta entrevista de Philippe Jaroussky prova que a silly season também faz estragos na lírica. Nada tendo que ver com o contra-tenor - que é exímio -, a patetice parece estar do lado do jornalista e editor...

O que nos traz de novo esta notícia?

«
Cela s'appelle un coup de bol : le contre-ténor Philippe Jaroussky a un trou dans son emploi du temps. Un rendez-vous a été annulé entre son retour du Concertgebouw d'Amsterdam, où il s'est produit le 5 juillet, et son séjour à Cologne, du 12 au 19 juillet, afin d'enregistrer un récital d'airs d'opéra de Caldara avec les musiciens de Concerto Köln, qu'il donnera en concert au Théâtre des Champs-Elysées le 1er décembre.

"Jarouss" a donc une heure de libre ce 7 juillet à 11 heures dans un café, près du métro Temple, à Paris. Des vacances dans la vie de ce chanteur d'à peine 32 ans ? "Je n'ai jamais vraiment arrêté de chanter. Je n'ai jamais vraiment pris de vacances, s'exclame-t-il, mais j'ai la ferme intention de faire un énorme break de huit mois en 2013. J'aurai 35 ans et je me poserai la question de savoir comment et pourquoi je continue, à quel rythme, et si j'ai ou non envie de faire autre chose."

En attendant 2013, Jaroussky a développé un système qu'il appelle ses "microvacances", un laps de deux ou trois heures qu'il s'octroie, comme ce lendemain de concert à Amsterdam, où il a pris le temps de visiter le Musée Van Gogh avant de s'étendre sur la pelouse au soleil. "Pour nous les artistes, les vacances sont quelque chose de très subjectif, car on a la chance de vivre de notre passion. Notre rapport au travail est à la fois une nécessité et une drogue."

Pour être en bonne intelligence avec cette passion (dans tous les sens du terme), le chanteur éprouve le besoin de contrôler en permanence cette mécanique de haute précision qu'est la voix. Il prend toujours de nombreux cours avec la professeure de ses débuts, Nicole Fallien. "Même quand je suis en voyage, je l'appelle. Je chante par téléphone et elle me donne son avis. Elle a des oreilles de sorcière !" Le chanteur a aussi des masseurs attitrés, qui pratiquent différentes techniques - "Une heure d'un bon massage équivaut à une semaine de vacances."

Le reste est affaire de discipline de vie, notamment avant un concert. "Je dîne légèrement la veille, en évitant les aliments qui génèrent de l'acidité dans l'estomac. Puis je dors au minimum douze heures d'affilée. Enfin, j'observe la fameuse règle de sécurité du silence : quinze heures pendant lesquelles il ne faut même pas parler."

Philippe Jaroussky a peu à peu appris à connaître et à apprivoiser sa voix, en même temps qu'il apprenait, par elle, à mieux se connaître lui-même. "Ma voix me bonifie. Cela vient peut-être du fait d'être en permanence dans un état vibratoire supérieur à la normale : grâce à elle, j'ai l'impression de prodiguer plus d'attention aux choses et d'être d'une redoutable lucidité. Le plus difficile a été de concilier le moi sur scène avec le moi dans la vie."

Philippe Jaroussky supporte mal d'être l'objet de désirs et de fantasmes. Il voudrait ne pas être aimé seulement pour sa voix, même s'il se dit de plus en plus qu'elle et lui sont au fond indissociables. Au point que la frontière entre l'art et la vie en devient parfois floue. Le chanteur avoue par exemple avoir été déprimé par le rôle-titre d'Il Sant Alessio, de Landi, un rôle de martyr sacrificiel qu'il interprétait en 2007 sous la direction de William Christie.

De même qu'il s'est surpris à de vifs mouvements d'humeur, à force de chanter Néron dans Le Couronnement de Poppée, de Monteverdi, toujours sous la direction de William Christie, au Teatro real de Madrid en mai. "Je ne sais pas si c'était de porter un costume d'empereur, d'avoir exigé le suicide de Sénèque et de m'apprêter à répudier mon épouse Octavie pour Poppée, mais à partir du troisième acte, je me sentais devenir féroce et il m'est arrivé en répétition d'envoyer bouler l'assistant ou le metteur en scène !"

Avec quatre-vingts concerts et quinze programmes différents par an, Philippe Jaroussky a conscience du risque qu'il prend. Perfectionniste, il refuse l'idée de ne pas être toujours à 100 % et de perdre progressivement ce qu'il appelle la sincérité pour céder à une forme de facilité - apathie expressive, tics d'interprétation à l'instar de ces cadences indéfiniment reprises parce qu'on sait qu'elles plaisent au public : "Quand on est un jeune artiste, on veut prouver qu'on peut chanter fort, juste et vite, reconnaît-il. On a peur de trop croire à ce qui nous arrive. Après dix ans de carrière, il y a comme une forme d'épure qui se met en place. On est toujours dans la perspective de s'améliorer - gagner en aigus, en graves, en projection, en qualité expressive -, mais on a accepté d'être un artiste."
»

quarta-feira, 23 de setembro de 2009

Do Contra-tenor...


(da esquerda para a direita - Scholl, Daniels e Jaroussky )

Eis um rigoroso artigo sobre o tema:

«Au fait, qu'est-ce qu'un contre-ténor ? Peu de dénominations ont suscité autant de querelles d'experts ! Tout, d'ailleurs, a commencé par un malentendu. En 1943, le compositeur Michael Tippett entend à Canterbury un chanteur à la voix angélique, qui semble n'avoir pas mué : Alfred Deller. Il croit avoir retrouvé la trace de ce mystérieux «contre-ténor» qu'évoquaient Purcell et Bach. Deller, pourtant, ne revendique nullement ce titre : il se qualifie d'alto ! Autrement dit, la voix féminine grave. D'où vient la méprise ?

Klaus Nomi un contre-ténor à l'heure du rock
À l'époque baroque, le terme « contre-ténor » ne désigne pas une technique de chant, mais une ligne sur une partition : celle qui est au-dessus de la partie de ténor. Le terme le plus juste pour qualifier le type de voix ressuscité par Deller serait celui de «falsettiste», car il a recours à la voix de fausset, la «voix de tête». À ne pas confondre avec la «haute-contre», ténor aigu chantant en voix de poitrine ! Les falsettistes (ceux que nous appelons aujourd'hui «contre-ténors», vous suivez toujours ?) ont fleuri au début de l'époque baroque, mais ils ont progressivement disparu, remplacés au XVIIIe par les tout puissants castrats, et au XIXe par les ténors à la voix virile et puissante. Finie, la nostalgie du troisième sexe, fascination pour un corps d'homme produisant des sons de femme.


David Daniels. Bouleversant dans Theodora de Haendel.
Deller fut le premier à redécouvrir cette manière de chanter. Sa voix pure était délicate, plus appropriée aux chants religieux qu'à l'opéra. Mais dès les années 1950, l'Américain Russell Oberlin, montra que l'on pouvait être contre-ténor et acteur. Sa fragilité vocale (épine dans le pied des contre-ténors) ne résista pas à l'opéra, jusqu'à ce que l'Anglais James Bowman vienne montrer que le falsettiste pouvait avoir une voix puissante. La lame de fond de la musique baroque, dans les années 1970, fit éclore des générations de contre-ténors influencés par René Jacobs et son chant complet : voix de poitrine incarnée dans le grave, voix de tête éthérée dans l'aigu. Henri Ledroit, Gérard Lesne, plus tard Andreas Scholl suivirent cet exemple, tandis que l'extraterrestre Klaus Nomi mettait le contre-ténor à l'heure du rock.

Côté américain s'imposait une image virtuose et théâtrale du contre-ténor, loin de tous les clichés : David Daniels, Lawrence Zazzo, Bejun Mehta, sont ces bêtes de théâtre qui affrontent les personnages de guerriers des opéras de Haendel. Du moins quand on les leur confie : car leur ex-collègue Jacobs, devenu chef, s'est mis à soutenir qu'une mezzo soprano était plus appropriée ! D'ailleurs, quand Haendel ne disposait pas d'un castrat, ne recourait-il pas à une femme ? En revanche, le répertoire s'étend, car les compositeurs de notre temps se sont vite intéressés à cette voix : de Britten, avec Le Songe d'une nuit d'été, à Peter Eötvös, dont l'opéra Trois Sœurs est écrit pour trois contre-ténors.»