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segunda-feira, 8 de agosto de 2011

Aix '11 - IV - O Nariz (fotos)














Nota: para aceder à totalidade das fotos da produção, clique aqui.

Aix '11 - III - O Nariz






«Bonheur au sortir de la première du Nez, de Dmitri Chostakovitch, vendredi 8 juillet, au Grand Théâtre de Provence : on tient enfin le spectacle phare de ce Festival d'Aix-en-Provence. Rien à jeter. Le plateau vocal (russe) est formidable, les choeurs de l'Opéra de Lyon (rompus au répertoire russe), remarquables. La direction musicale de Kazushi Ono, brillante, vive et sensuelle, donne aux quarante virtuoses de son Orchestre de l'Opéra de Lyon un panache et une verve enthousiasmants. Quant à la mise en scène du Sud-africain William Kentridge, elle est simplement étourdissante. Au point qu'on se demande s'il convient encore de parler de "mise en scène" quand le propos balaie tous les champs visuels avec autant de virtuosité.

Il est vrai que Kentridge, né en 1955, est d'abord une star des arts plastiques : les plus grands musées et biennales (Le Jeu de Paume, à Paris, en 2010) ont présenté ses films d'animation, sculptures, dessins, collages, qui se jouent des illusions d'optique et enchantent l'oeil. A Aix, sa mise en scène est drôle, cocasse, poétique, émouvante, dotée d'une forte puissance évocatoire et d'un sens aigu de la miniature. Elle s'inscrit et s'écrit dans l'espace à la manière d'une partition graphique, que Kentridge paraphe d'une ludique révérence : des ombres d'objets sculptés et tournoyants, projetés sur le rideau de scène dès l'ouverture, arrêtent soudain leur ronde signalétique. On aperçoit alors le visage de Chostakovitch (1906-1975).

Le mérite principal de Kentridge et de son équipe (scénographie, costumes, lumière, vidéo) est de donner une portée contemporaine à la terrible nouvelle inventée par Nicolaï Gogol dans les Récits de Pétersbourg, une histoire sans queue ni tête, et même sans nez, celui que l'assesseur de collège, Platon Kouzmitch Kovalev, a perdu et qu'il devra chercher par toute la ville, perdant du même coup la face.

Nous ne sommes pas dans une satire féroce de l'époque de Nicolas Ier ou dans la dénonciation d'une société égoïste et cruelle. Non plus que dans l'évocation des doutes qui taraudaient Chostakovitch à la fin des années 1920 quant à son destin de créateur.

Folie avant-gardiste Nous sommes dans une réminiscence sensible de la folie avant-gardiste qui illustra, entre 1926 et 1928, à travers l'ouverture postrévolutionnaire en URSS, la recherche du neuf et de l'inédit. D'une vie autre. Ce mouvement, Kentridge le rend au moyen de collages de journaux, d'images d'archives (films), de montages picturaux évoquant le constructivisme de Rodtchenko, Tatline ou El Lissitsky, en donnant une vie à Monsieur Nez, sorti tout droit des dessins, tapisseries, bronzes, gravures, qu'il a créées en travail préparatoire à l'opéra et dont un certain nombre est exposé jusqu'au 3 septembre à l'Atelier de Cézanne et à la Cité du livre d'Aix.

A l'époque du Nez, on joue à Leningrad Richard Strauss, Berg, Krenek, Prokofiev et Schreker. Le jeune Chostakovitch ne jure que par les préceptes iconoclastes de l'homme de théâtre Vsevolod Meyerhold ("Si le spectacle a plu à tous, considère que c'est un échec sans rémission"), théoricien de génie, réalisateur des premières mises en scène constructivistes, avant d'être exécuté en 1940 pour avoir négligé le réalisme socialiste.

Le Nez est une musique de brigand, pétrie de démesure, fantasque, dissonante, provocatrice, écrite par un s'en-va-t-en-guerre de 21 ans bien décidé à en découdre avec l'ordre lyrique établi : sous le choc de la découverte du Wozzeck de Schoenberg donné à Leningrad en 1927 mais aussi du bruitisme de Mossolov, au coeur de cet orchestre débridé qui déploie une machine de guerre armée de vents et de percussions.

"Grenade anarchiste"

Quant au chant, il est dans une veine satirique. Cris, rires, gloussements, onomatopées, la voix est traitée sur tous les modes de la caricature et des tessitures extrêmes, du grave de la caverne à l'égosillement de l'aigu (impayable duo de l'assesseur sans nez et de l'inspecteur de police, interprétés par Vladimir Samsonov et Andreï Popov).

Traité de "grenade anarchiste" avant d'être laminée par les censeurs pro-staliniens, Le Nez fut retiré de l'affiche après seize représentations au Théâtre Maly de Leningrad, en 1930. Il sera interdit quarante ans avant de connaître une renaissance triomphale à Moscou en 1974. Celle-là même que nous venons de vivre à Aix-en-Provence



Considerado a glória suprema da edição de 2011 do Festival de Aix, O Nariz - ao que indicam as fotos (presentes no post que se segue) - afirmou-se pelo brilho do trabalho plástico de Kentdrige.

Aix '11 - II - A Clemência de Tito






«Est-il utile de rappeler que ce berliozien de carrière est aussi un mozartien de la première heure ? Les succès de ses débuts à l'orée des années 1960 : Don Giovanni au Royal Festival Hall à la place d'Otto Klemperer, souffrant, et La Flûte enchantée, à Glyndebourne, où il remplace Thomas Beecham.

Couleurs, phrasés, équilibre, l'écriture de Mozart se déploie avec une ronde équanimité qui n'empêche pas les élans dynamiques. Tout au plus eût-on souhaité une clarinette plus sensuelle dans les deux airs avec clarinette obligée - l'air de Sesto Parto, parto, ma tu ben mio à l'acte I et le rondo de Vitellia Non più di fiori à l'acte II - que Mozart composa en 1791, juste avant le Concerto pour clarinette en la majeur K 622, écrit pour son frère de loge et ami le virtuose Anton Stadler.

Jeune et fraîche, la distribution ne manque ni d'abattage et de talent : le Sextus sensible et tragique de Sarah Connolly, la ferveur sensuelle d'Anna Stephany en Annius. Face à la puissance vocale de l'impérieuse Carmen Giannattasio (Vitellia), la Servilia d'Amel Brahim-Djelloul paraît, comme toujours, la grâce incarnée. Quant au Titus de Gregory Kunde (arrivé la semaine précédente pour pallier la défection de John Mark Ainsley), il incarne avec justesse la noble et généreuse figure de l'empereur. Les choeurs, très nombreux dans cette partition d'opera seria, sont ici idéalement défendus par l'Estonian Philharmonic Chamber Choir.

Dommage que la mise en scène de l'Ecossais David McVicar, qui nous a accoutumés à un travail plus fouillé et personnel, soit ici du genre minimum syndical. Des décors monumentaux, un dressing en noir et blanc (ne seraient la pourpre impériale et la blancheur virginale), et surtout une direction d'acteurs d'un conventionnel éculé. Seule note impertinente, la garde rapprochée de l'empereur, un corps de ballet du genre Ninja hystériques, courant, virevoltant, montant et descendant des escaliers, beaux, musclés et sensuels, laissant deviner pourquoi l'empereur n'a pas plus que cela retenu Bérénice et met assez peu d'empressement à trouver une épouse pour partager sa couche et sa couronne
.
»


Bem vistas as coisas, além do desejável equilíbrio clássico que a lírica mozarteana demanda - e que Colin Davis fez por impor, conseguindo-o -, o dedo do encenador (segundo a repórter) levanta a lebre, quanto à orientação sexual do imperador... Será tema de acesa polémica, também por estas bandas?!

sábado, 6 de agosto de 2011

Aix '11 - I







Na edição do presente ano, Aix confirmou as suas raízes mozarteanas (A Clemência de Tito), revelando espaço e tolerância para expressões líricas mais próximas do contemporâneo... já longínquo (O Nariz). De permeio, A Transviada de Dessay soube a pouco...

domingo, 11 de julho de 2010

Aix - I, II & III




O Festival d'Aix prossegue as suas apresentações, entre alguns apupos e aclamações...

O Don Giovanni de Tcherniakov não parece ter levado a melhor, tanto mais que os intérpretes revelaram grandes vulnerabilidades:





Le rythme était dans la direction de Louis Langrée, sanguine et équilibrée, naturelle dans l'enchaînement des tempi, toujours relancée. On n'a jamais entendu la fosse de l'Archevêché sonner aussi bien:les instruments de l'Orchestre baroque de Fribourg, exemplaires de rebond et de chaleur, résonnent là où on les croyait condamnés à être étouffés. Si la distribution féminine (Marlis Petersen, Kristina Opolais, Kerstin Avemo) n'est pas irréprochable, avec des voix un peu droites, manquant de legato, si le ténor Colin Balzer affiche des limites malgré une belle musicalité, les voix graves s'imposent:le Leporello de Kyle Ketelsen pour la richesse et la beauté de sa voix, le Commandeur d'Anatoli Kotcherga pour son charisme faramineux, Masetto qui n'est plus un second rôle avec David Bizic. Et, bien sûr, le stupéfiant Don Giovanni de Bo Skovhus, qui se sert des restes d'une voix élimée, avec une intelligence et une présence qui abolissent les frontières entre le chanteur et l'acteur

Já no tocante a Alceste (Gluck), a prestação da ultra-lírica Véronique Gens parece ter constituído a glória suma da récita:


La mythologie grecque est relue à travers le monde de l'enfance : le peuple de Thessalie, si immature dans sa dépendance vis-à-vis du couple royal, est montré de façon convaincante comme une salle de classe d'autrefois, avec culottes courtes, socquettes blanches et nœuds dans les cheveux. Leurs offrandes à la divinité? Une poupée ou une maquette de bateau, dans une société christianisée où le grand prêtre d'Apollon est un pasteur protestant. Les choristes (excellents English Voices) ont parfaitement assimilé le travail d'un metteur en scène qui individualise la masse avec virtuosité, campant ces gamins désemparés avec une grande science des attitudes. Cette distance ironique serait réductrice si, au milieu de ces Grecs égoïstes et trouillards, les personnages d'Alceste et Admète ne se détachaient avec la noblesse et la grandeur d'âme de vrais héros tragiques.
Termino com uma referência a O Rouxinol (Stravinsky), porventura a mais consensual das produções - encenada por Robert Lepage -, amplamente aclamada:

quinta-feira, 1 de julho de 2010