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segunda-feira, 22 de novembro de 2010

"Uma biografia sonhada", ossia Mathis o pintor


(Retablo de Isenheim, de Matthias Grünewald)

Olivier Py encena, em Paris (Bastilha), Mathis o pintor, de Hindemith. A ópera centra-se na figura de Matthias Grünewald, autor do Retablo de Isenheim, que reproduzimos acima. No papel titular, encontramos o magistral Matthias Goerne, o mais legítimo herdeiro de Fischer-Dieskau.

«Peu de gens connaissent Mathis der ­Maler, donné dès cette semaine à ­Bastille dans la nouvelle mise en scène d'Olivier Py et sous la direction de Christoph Eschenbach. Pourtant, ce sommet opératique de Paul Hindemith marqua l'histoire de la musique allemande. Et demeure l'une des aventures les plus passionnantes du siècle dernier. Une aventure esthétique, tout d'abord. En se penchant sur le destin du peintre Matthias Grünewald, auteur du prodigieux Retable ­d'Issenheim conservé à Colmar, Hindemith entreprend au début des années 1930 de traduire sur le plan musical le génie pictural de l'un des plus grands maîtres de la Renaissance. L'impossible fait opéra : plus qu'une simple biographie, c'est une « biographie rêvée », souligne Olivier Py, qui rappelle que le compositeur a tenu à en écrire lui-même le livret. De nombreux aspects rapprochent cet opéra en sept tableaux (comme une succession de panneaux) de l'œuvre picturale elle-même. À commencer par son allure de fresque sonore, dont témoigne le soin apporté aux chœurs et à l'orchestre. Une aventure politique, ensuite. La création mouvementée de l'œuvre est indissociable de la montée du nazisme. En 1934, avant que Hindemith n'ait apposé la touche finale à sa fresque lyrique, Furtwängler lui commande pour le Berliner Philharmoniker une symphonie tirée des principaux thèmes de l'opéra. Après son audition, le régime nazi ne tardera pas à classer cette musique au rang des « dégénérées ». En dépit d'un plaidoyer de ­Furtwängler en sa faveur dans le Deutsche ­Allgemeine Zeitung, la création de l'opéra sera interdite en Allemagne, et le chef déchu de l'Opéra de Berlin. La première représentation de l'ouvrage n'aura lieu que trois années plus tard. Si l'œuvre a à ce point cristallisé les rapports conflictuels du nazisme à la musique, c'est qu'elle est aussi porteuse d'une dimension philosophique indéniable. « Comme Grünewald a pu s'interroger sur la nécessité de continuer à peindre en pleine guerre des paysans, dit Olivier Py, Hindemith se demande à quoi sert de composer un opéra entre la révolution bolchevique d'un côté et la montée du nazisme de l'autre. Ils se rendront finalement compte que leur engagement est dans l'art lui-même. »

De Matthias Grünewald à Matthias Goerne

Dietrich Fischer-Dieskau immortalisa au disque le peintre du retable d'Issenheim dans un enregistrement de référence qu'EMI vient de ressortir dans la collection « Home of Opera ». Son digne successeur chez Schubert, Matthias Goerne, reprendra le rôle à Bastille : il retrouvera ainsi l'Opéra de Paris pour la seconde fois, et trois ans après son Wolfram dans un Tannhaüser déjà très pictural, puisque Robert Carsen y avait transposé l'intrigue dans le monde de l'art, à la fin du XIXe siècle»


«(...) l'ouvrage lyrique le plus connu de son auteur n'a pas été représenté en France depuis 1951, à l'Opéra de Strasbourg. Gerard Mortier, prédécesseur de M. Joël, avait préféré un autre opéra d'Hindemith, Cardillac (1926), aussi vif et condensé que Mathis le peintre (1934-1935) est épais et interminable : 3 h 15 de musique en sept tableaux, un langage musical d'une intimidante maîtrise polyphonique et contrapuntique, un livret un peu "grand genre" mais de haute qualité (signé Hindemith). En empruntant un langage "impersonnel", le musicien semble constamment parler entre guillemets et s'abriter derrière des citations de gestes, de styles, d'époques.

Ce "formalisme" esthétique soulève l'une des vraies questions à propos d'un compositeur qui écrivit, en sa jeunesse, des opéras expressionnistes absolument renversants, dont le plus connu d'entre eux, Sancta Susanna (1921), fut controversé en raison de l'audace et du soufre de son livret. Dans Cardillac, comme dans beaucoup de ses oeuvres néoclassiques des années 1920, il témoigne encore d'une vitalité communicative qui disparaît presque totalement dans Mathis : la voix si personnelle, si forte de ses premières oeuvres (qu'elles soient élégiaques ou ludiques) semble se mettre au service d'une cause esthétique et éthique pontifiante. Hindemith ira plus loin encore dans l'abstraction impersonnelle avec L'Harmonie du monde (1956-1957), une rareté ignorée par les maisons d'opéra (mais gravée sur disque, par Marek Janowski, pour Wergo), car elle pourrait sans mal mener au sommeil les insomniaques les plus irréductibles.

Il faut en fait attendre le dernier tableau de Mathis pour retrouver l'inspiration supérieure du compositeur : la musique, qui semble alors faire un sublime voeu de pauvreté, devient géniale et prenante et l'on parierait que Benjamin Britten s'en est souvenu dans la berceuse funèbre du rôle-titre de son Billy Budd (1951)...

Si Mathis attire l'attention, c'est surtout par sa thématique et les circonstances de sa composition. Hindemith le compose en pleine période nazie - qu'il évoque avec un minimum de fard, par le filtre commode d'événements du temps passé : révolte/soumission du peuple et des puissants, querelles et idéaux religieux, autodafés, place de l'art et rôle de l'artiste dans la société à travers l'évocation du peintre Matthias Grünewald (1475-1528). Mathis sera interdit en Allemagne et créé en Suisse, à Zürich, en 1938, année de l'exil d'Hindemith, banni depuis 1936 des instances culturelles du Reich.

C'est ce qui a convaincu Olivier Py de faire figurer sur scène nazis, maîtres-chiens et bergers allemands, chars d'artillerie, drapeaux rouges révolutionnaires - un peu à la manière de Günter Krämer dans la redoutable Tétralogie en cours à l'Opéra de Paris. En dépit de cette tarte à la crème dramaturgique, Py se révèle d'une extraordinaire inventivité et il faut rendre avant tout hommage à l'habileté de la scénographie de Pierre-André Weitz, qui assure un stupéfiant accord entre monumentalisme et mobilité. Py et Weitz ont joué avec génie la carte des grands moyens qu'autorise la technologie du grand plateau de l'Opéra Bastille tout en parvenant à préserver de l'intimité. Le public de la première, qui d'ordinaire hue à peu près tout, a salué comme il se doit ce prodige.

Nicolas Joël n'a pas réuni une distribution inoubliable : Melanie Diener n'a pas les moyens du rôle d'Ursula, Martina Welschenbach est une Regina qui chante bas et sans qualité de timbre particulière. Les ténors sont pour la plupart assez ingrats de voix et l'on s'étonne de la présence d'une chanteuse à la voix aussi défaite que celle de Nadine Weissmann en Comtesse. Il manque à Matthias Goerne (Matthis) le métal, le mordant du timbre de Gregory Reinhart (Riedinger) pour "passer" la lourde orchestration d'Hindemith. Mais l'on connaît peu d'interprètes qui pourraient se hisser au génie du dernier tableau et bouleverser autant qu'il le fait alors, accompagné merveilleusement par Christoph Eschenbach, pour la première fois dans la fosse de l'Opéra de Paris. Après un premier tableau un rien instable et imprécis, l'ancien directeur musical de l'Orchestre de Paris s'est révélé un interprète idéal de Mathis.»

sexta-feira, 28 de agosto de 2009

Goerne ossia O Magnânimo



Eis uma magistral caracterização da prestação de um génio:
«Matthias Goerne está pasando por sus mejores años y la interpretación fue soberbia, sublime. La primera nota de la primera canción, Nacht und Träume, una nota algo alta, larguísima, atacada suavemente, casi sin vibrato, con un poco, sólo lo necesario, de messa di voce y un timbre redondo inefablemente aterciopelado fue toda una declaración del magnífico estado actual de Goerne y de su espléndida madurez como intérprete.

En el intermedio no pocos aficionados comentaban con asombro esa primera e increíble nota que había obrado el milagro de meternos a todos de golpe en el concierto, de lograr un estado de concentración altísimo y una comunicación inmediata intérprete-público como muy pocas veces se logra. Goerne verdaderamente alcanzó el cielo y sólo le hizo falta una única primera nota.».

Citado o essencial da notícia, eis o acessório da mesma:

«Matthias Goerne actuó una vez más en la Schubertíada de Vilabertran (Alt Empordà). Empezó a cantar allí en 1993, cuando sólo era un joven que despuntaba; hoy, convertido en el más destacado intérprete de lied que circula por los escenarios, sigue fiel a su cita anual en Vilabertran con un público silencioso y ejemplar (ni un móvil, ni un aplauso a destiempo) que le adora.

Goerne, que se propuso hace unos tres años presentar de manera sistemática en disco y en recital la totalidad de los lieder de Franz Schubert, abordó en Vilabertran el cuarto recital de esta empresa titánica que le ocupará toda la vida, pues Schubert compuso más de 600 lieder.

La música es la forma de expresión artística que mejor y con más profundidad logra el consuelo y el alivio de la aflicción del espíritu, es el arte más consolador que existe aunque, como lo mismo que te cura, te mata, puede también provocar, llegado el caso, mucho más desconsuelo que la literatura y la pintura juntas.

Schubert fue maestro en el arte del consuelo y el desconsuelo musical y Goerne, que además de cantar ha aprendido a confeccionar programas, ofreció una selección de una veintena de canciones en las que la emoción dominante, aunque no la única, era el consuelo, ya fuera consuelo blanco como en Die Sterne (Las estrellas), o consuelo negro, como en Totengräbers Heimweh (Nostalgia del enterrador), donde se presenta el tema de la añoranza de la tumba como liberación, pasando por todos los matices del consuelo gris en canciones como Der blinde Knabe (El chico ciego), Todtengräber-Weise (Canción del enterrador) y Greisengesang (Canto de la vejez).

Consolados y desconsolados, ingenuos y felices en Erntlied (Canción de la cosecha) y Herbstlied (Canción de otoño), bobamente enamorados en An Sylvia (A Silvia) o convertidos en exploradores de los sentimientos de la noche en Nacht und Traüme (Noche y sueños), An den Mond (A la luna), Die Mainacht (La noche de mayo) y Die Sommernacht (La noche de verano), de la mano de Goerne y Alexander Schmalcz, su magnífico pianista acompañante, viajamos por bellísimas páginas schubertianas, algunas de ellas desconocidísimas incluso por el público experto de la Schubertíada y que constituyeron preciosos descubrimientos.»